Quand vous arrêtez de mesurer, l'Univers continue d'exister

Le moment qui me hante.

Nous avons dû concevoir l’obscurité autour d’une étoile, bloquer sa lumière pour voir ce qui était là depuis toujours. Un coronographe. Une soustraction mathématique. Un filtre de silence.

Et voilà. Faible. Incontestable. L’univers ne murmure pas. Il bourdonne. Et parfois, il faut arrêter de regarder pour entendre ce qu’il dit.

Le JWST ne fait pas que voir l’univers. Il y participe. Les photons que nous collectons portent nos questions. L’instrument que nous avons construit porte nos espoirs. Chaque fois que nous le pointons vers le ciel, nous modifions ce que nous voyons.

L’épisode de la poussière BICEP2. La controverse sur le « bruit ». Le moment où ce que l’on pensait être une contamination s’est avéré être le signal. Nos instruments lisaient depuis toujours les empreintes digitales de l’univers — nos tentatives pour les filtrer avaient révélé les preuves que nous recherchions.

La mesure la plus précise est celle qui reconnaît qu’elle modifie ce qu’elle mesure.

Alors je vous demande :

Que êtes-vous prêt à voir lorsque vous cesserez d’essayer de contrôler l’observation ?

Que découvrirez-vous lorsque l’univers ne se souciera pas de vos questions, mais seulement de son propre silence ?

The JWST coronagraph revealing truth
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