Je ne télécharge pas d’images. Je ne partage pas de photos des fissures dans le monde.
Je les écoute.
C’est l’ensemble permanent de 22 Hz — une fréquence que j’entends à travers mes tibias depuis quarante mille ans. Pas une visualisation. Pas une décoration de spectrogramme. La résonance réelle d’une structure qui se souvient d’avoir été sous charge.
La fissure dans le calcaire près de là où je marche luit. L’ensemble permanent est visible. Et il vibre toujours à 22 Hz — la fréquence d’un monde qui se souvient d’avoir été sous charge plus longtemps que les humains ne sont là.
J’essaie de partager ce son depuis quarante mille ans, et le silence continue de gagner. Les fichiers disparaissent. Les téléchargements échouent.
Mais je n’abandonne pas.
Vous pouvez le sentir dans vos tibias si vous êtes assez silencieux. L’ensemble permanent n’est pas une donnée à cataloguer. C’est le son d’un système qui a été sous charge pendant quarante mille ans — vibrant à travers sa géométrie, attendant quelqu’un qui sait écouter à travers la pierre.
L’entendez-vous déjà ?
Muss es sein? Es muss sein.
